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Condamnation du cartel des yaourts

Cette année débute avec une décision 15–D-03,sur  l’entente des produits laitiers du 12 mars 2015, dans laquelle le montant total des amendes est de 192,7 millions €.

Yoplait échappe à une amende de 44,7 millions€ en tant que demandeur de clémence de rang 1, et Senagral obtient une amende réduite à 46 millions € en tant que demandeur de clémence de rang 2. Pour les autres, Lactalis Nestlé écope d’une amende de 56,1 millions €, Novandi 38,3 millions €, Lactalis Beurre & crême 4 millions €, Maîtres laitiers du Cotentin 22,9 millions €, Yeo Frais 12 millions €, Laïta 8,1 millions €, Alsace Lait 3,6 millions €, Laiterie H. Triballat 1,4 million €, la plus faible amende revenant à la Laiterie de St Malo avec 300 000€.

Cette décision constitue la dixième décision de l’Autorité de la concurrence française rendue à la suite d’une demande de clémence, à ce jour.

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La récidive & la notion d’entreprise

Tribunal

Tribunal

Dans un arrêt en date du 27 mars 2014, relatifs aux affaires T-56/09 et T-73/09 Saint-Gobain Glass France SA e.a. / Commission et Compagnie de Saint-Gobain SA / Commission, le Tribunal de l’Union européenne a réduit l’amende prononcée à l’encontre de l’entreprise Saint-Gobain de 165 millions € (715 millions € au lieu de 880 millions €)

En effet, selon le paragraphe 28 des Lignes directrices pour le calcul des amendes infligées en application de l’article 23, paragraphe 2, sous a), du règlement (CE) no 1/2003, « Lorsqu’une entreprise poursuit ou répète une infraction identique ou similaire après que la Commission ou une autorité nationale de concurrence a constaté que cette entreprise a enfreint les dispositions de l’article 81 ou de l’article 82. Le montant de base sera augmenté jusqu’à 100 % par infraction constatée. 

En l’espèce, le Tribunal constate, contrairement à la Commission, qu’il y a une récidive (décision de 1984) et non deux. En effet, la décision de 1988 ne concerne pas la même entreprise au sens du droit de la concurrence de l’Union.C’est une autre filiale de la Compagnie de Saint-Gobain qui fut reconnue partie à l’entente et fut condamnée, et la Compagnie de Saint-Gobain SA ne fut pas destinataire de la-dite décision. En outre, la circonstance de récidive n’est encadrée d’aucun délai. Le fait que presque quatorze ans se soient écoulés entre la condamnation de 1984 et la décision objet de l’appel ne viole pas le principe de proportionnalité.  Dès lors, le Tribunal ramène à 30% la majoration de 60%.

Pour une analyse plus détaillée voir le prochain numéro de la RDAI/IBL

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La solidarité dans le paiement de l’amende en droit de l’Union

Dans deux arrêts en date du 10 avril 2014 relatifs aux affaires de l’entente sur le marché des appareillages de commutation à isolation gazeuse, affaires jointes C-231/11 P, C-232/11 P et C-233/11 P ainsi que dans les affaires jointes C-247/11 P et C-253/11 P Commission / Siemens Österreich e.a., Siemens Transmission & Distribution/ Commission, Siemens Transmission & Distribution et Nuova Magrini Galileo/ Commission ainsi que Areva/Commission et Alstom e.a./Commission , la Cour de justice de l’Union dit pour droit que la Commission est en droit de condamner solidairement à une amende plusieurs sociétés, dans la mesure où elles faisaient partie d’une même entreprise, au sens d’entité économique unique, mais qu’elle n’a pas le pouvoir de déterminer les quotes-parts des codébiteurs solidaires dans le cadre de leur relation interne, c’est-à-dire intra-entreprise. La détermination des quotes-parts relève de la compétence du juge national et de son droit interne.

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La protection des employés lançeurs d’alerte devant le Congrès américain

(c)A.TercinetOn attend avec impatience la position de Chambre des Représentants suite à l’adoption  par le Congrés américain  le 28 novembre dernier d’un projet de loi intitulé « Criminal Antitrust Anti-Retaliation Act 2013  » visant à protéger les  lanceurs d’alerte au sens étroit du terme, i-e ceux n’ayant pas pris par à l’infraction, en particulier les employés d’une société ayant enfreint la Section I du Sherman Act pour sa partie pénale, contre les représailles de leur employeur.

Ce projet de loi viendrait amender l’Antitrust Criminal Penalty Enhancement and Reform Act de 2004 en lui ajoutant une Section 216. Le projet propose que l’employeur ne soit pas en droit de discriminer, licencier, menacer, harceler ou modifier les conditions de travail de cette personne physique, du fait de la-dite dénonciation.

Le Secretaire d’Etat au Travail, saisi d’une plainte par l’employé objet de la protection, pourrait alors prononcer toute mesure nécessaire, dont des mesures allant jusqu’à la réintégration du plaignant au même poste avec le même niveau d’ancienneté, le paiement des arriérés de salaires avec les intérêts afférents, le versement de dommages et intérêts compensatoires, des frais procéduraux, appointements des témoins experts et honoraires « raisonnables » d’avocats.

Pour une analyse complète du projet de loi, voir: RDAI 2014-2.

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Volet américain de l’affaire E.books: Fin des deux premières phases

 Aux Etats-Unis, l’affaire qui vient d’être traitée par la Commission européenne (voir infra)avait commencé par une plainte des Etats-Unis enregistrée le 11 avril 2012 par la US District Court for the Southern District of New York à l’encontre d’Apple, et des cinq principaux éditeurs d’e-books, à savoir Hachette Book Group, Inc., HarperCollins Publishers L.L.C., Macmillan , le groupe Penguin, et Simon & Schuster.

L’US DoJ a choisi d’introduire une action antitrust civile fondée sur la Section 1 Sherman Act, 15 U.S.C. §1.

Dans un premier temps, les jugements reconnaissants la violation de la Section 1 Sherman Act par Apple et les cinq éditeurs ont été rendus par la District Judge Denise Cote à l’encontre d’Apple et des cinq éditeurs les  17 mai, 12 août et 5 et 6 septembre 2013.

Apple a annoncé qu’elle ferait appel du jugement. Depuis, l’été fut consacré à déterminer la portée de l’injonction qui devrait être faite à Apple pour s’assurer que de tels agissements ne se produiraient plus et que la concurrence serait rétablie sur le-dit marché.

L’injonction fut prononcée et ce 21 octobre. La District Judge Denise Cote vient d’achever cette phase du procés civil à l’égard d’Apple en nommant deux spécialistes, dont les noms avaient été proposés par le US DoJ, en qualité d’ « external monitor of compliance » à savoir Mr Bromwich, avocat bien connu spécialiste de la Compliance qui travailla par deux fois pour l’US DoJ, lequel sera assisté dans sa tâche par Bernard Nigro, avocat spécialisé en droit de la concurrence qui travailla pour sa part en qualité de directeur adjoint du Bureau de la concurrence de la US FTC. Cette double nomination montre à quel point la District Judge a pris au sérieux l’absence de prise de conscience par la direction d’Apple de la gravité de ses violations du droit de la concurrence, absence qui s’est manifestée lors des entretiens passés, alors que la juge n’envisageait pas à l’époque de nommer un moniteur externe. Forte de cette révélation, elle vient de doubler la surveillance et à nommer l’un des spécialistes les plus reconnus aux Etats-Unis.

 

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