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Private enforcement: Directive relative aux actions en dommages et intérêts

En fin de mandat, le Parlement  européen a  adopté la directive relative à certaines règles régissant les actions en dommages et intérêts en droit interne pour les infractions aux dispositions du droit de la concurrence des États membres et de l’Union européenne qui reconnaît tant aux acheteurs directs qu’aux acheteurs indirects le droit à réparation. Celle-ci ajoute, à la possibilité offerte de demander réparation, celle d’obtenir réparation intégrale c’est-à-dire : du préjudice actuel, de la perte de profit ou manque à gagner, et des intérêts courant sur la période allant du moment où le dommage fut subi jusqu’à celui où le dédommagement est versé. Elle s’est donné pour objectifs  de supprimer les difficultés pratiques auxquelles les victimes sont confrontées lorsqu’elles tentent d’obtenir une réparation du préjudice qu’elles ont subi, tout en préservant l’efficacité des procédures négociées.

Pour ce faire, les victimes auront plus facilement accès aux éléments de preuve dont elles ont besoin pour prouver le dommage subi et de plus de temps pour introduire leur demande de réparation, et en parallèle afin d’optimiser la complémentarité Private – Public enforcement, la directive prévoit que les Etats membres devront introduire dans leur droit interne ces trois dispositions :

- les demandes de clémence comprenant la déclaration volontaire comme les propositions de transactions en matière de cartels ne peuvent jamais faire l’objet d’une injonction de divulgation par le juge national.

- Certaines informations produites via les procédures des autorités de concurrence ne peuvent être fournis qu’après clôture de l’enquête.

- le contrevenant obtenant l’immunité n’est responsable qu’envers ses propres clients (ou fournisseurs), sauf à indemniser les autres victimes qui ne pourraient pas obtenir réparation auprès des autres contrevenants, par exemple par ce que ceux-ci auraient fait faillite, sachant que dans ce cas le montant de contribution ne saurait être supérieur à celui qu’il aurait causé à ses propres clients (ou fournisseurs).

Pour une analyse détaillée se reporter à l’étude publiée à la RDAI (prochain numéro)

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Projet de loi de Benoît Hamon & « Paquet Private Enforcement » européen: il est urgent d’attendre !

La Commission a publié le 11 juin un ensemble de cinq textes relatifs à l’action en réparation. On note que sur les cinq éléments qui composent cet ensemble  se trouvent une proposition de Directive du Parlement européen et du Conseil du 11 juin 2013, relative à certaines règles régissant les actions en dommages et intérêts en droit interne pour les infractions aux dispositions du droit de la concurrence des États membres et de l’Union européenne  (COM(2013) 404 final {SWD(2013) 203 final}{SWD(2013) 204 final}), et une Recommandation de la Commission relative à des principes communs applicables aux mécanismes de recours collectifs en cessation et en réparation prévus dans les États membres en cas de violation des droits conférés par le droit de l’Union européenne. La proposition de directive vise exclusivement la réparation des violations au droit de la concurrence qu’elles soient individuelles ou collectives.

La finalité affichée par la Commission au travers de ces deux textes est d’améliorer l’accès à la justice, ainsi que les voies de recours afin de rendre effectif le droit à réparation.

La Commission explique en préambule que depuis 2006, seuls 25% des décisions prises par la Commission  constatant une infraction aux articles 101 et 102 TFUE ont donnés lieu à des actions en dommages et intérêts intentées par les victimes. En 2012,  elle estime à 23 milliards € soit 0,18 % du PIB de l’Union européenne le montant du préjudice subi chaque année par les victimes, dommage dont elles ne parviennent pas à obtenir réparation faute de procédures adaptées. A cela s’ajoute  des disparités de traitement entre victimes justiciables des différents Etats membres significatives. En conséquence, la recommandation incite les Etats membres à adopter des procédure de recours collectifs, là où la proposition de directive les laisse libre.

A la lecture de la proposition de directive et de la recommandation, on peut légitimement s’interroger sur la pertinence de présenter en septembre le projet de loi de Benoît Hamon au Sénat. En effet, des contradictions entre les textes existent. En outre, le texte de la proposition de directive prête à débat, tel est le cas par exemple de l’article 6 intitulé « Limites à la divulgation de preuves provenant du dossier d’une autorité de concurrence » dont le paragraphe 1 dispose que « Les Etats membres veillent à ce que, pour les besoins d’une action en dommages et intérêts, les juridictions ne puissent à aucun moment enjoindre à une partie ou à un tiers de divulguer les preuves relevant des catégories suivantes : a) les déclarations d’entreprise effectuées en vue d’obtenir la clémence ; et b) les propositions de transaction. »

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Question préjudicielle sur la valeur d’une communication de la Commission et la notion d’objet anticoncurrentiel

Photo de la Cour de Justice appartenant à la CJUE

La cour de cassation a posé une question préjudicielle  dans l’affaire Expedia afin de savoir si « Les articles 101 §1 TFUE et 3§ 2 du Règlement n°1/2003 doivent (…) être interprétés en ce sens qu’ils s’opposent à ce qu’une pratique d’accords, de décisions d’entreprises, ou de concertation qui est susceptible d’affecter le commerce entre Etats membres, mais qui n’atteint pas les seuils fixés par la Commission européenne dans sa communication de minimis soit poursuivie et sanctionnée par une autorité nationale de concurrence sur le double fondement de l’article 101, paragraphe 1 TFUE et du droit national de la concurrence ? « .

 La Cour rappelle le caractère non contraignant des communications de la Commission. De plus, en l’espèce  « la communication de minimis ne contient aucun énoncé faisant état de déclarations » par les ANC selon lesquelles elles ont pris acte des principes qui y sont exposés et acceptent de les respecter. Dès lors, cette communication de minimis n’est pas contraignante à l’égard des Etats membres. Dès lors, « l’autorité de la concurrence d’un Etat membre peut prendre en considération les seuils établis au point 7 de la communication de minimis, sans pour autant être obligée de s’y tenir. De tels seuils ne constituent en effet que des indices parmi d’autres susceptibles de permettre à cette autorité de déterminer le caractère sensible ou non d’une restriction par référence au cadre réel où se place l’accord. » Le fait pour une ANC de sanctionner un accord n’ayant pas atteint les seuils définis par la communication de minimis ne saurait donc enfreindre en tant que tel les principes de confiance légitime et de sécurité juridique.

La Cour en profite pour rappeler que « un accord susceptible d’affecter le commerce entre Etats membres et ayant un objet anticoncurrentiel constitue, par sa nature et indépendamment de tout effet concret de celui-ci, une restriction sensible du jeu de la concurrence ».

(Pour une analyse détaillée, voir l’étude parue à la RDAI 2013 n°2, pp.137-140 ci jointe)

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Le laboratoire du droit processuel de la concurrence

« La procédure n’est pas un sujet secondaire (…) Gardienne du Droit et des droits, la règle de procédure contribue à une meilleure application de la loi et au maintien de la paix sociale par une gestion prévisible et transparente des conflits. »
Micheline PASTUREL in Quelle influence du droit communautaire sur la procédure devant le juge national?, in Vingtième anniversaire de l’ordonnance du 1er décembre 1986, LITEC, coll.Colloques et Débats, p.33.

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Nouvelles lignes directrices en matière d’exercice des droits de propriété intellectuelle en Corée

La Federal Trade Commission coréenne a publié la traduction en anglais de ses lignes directrices relatives à l’exercice illégal des droits de propriété intellectuelle. Elles contiennent les principes directeurs pour l’application de la loi en matière d’abus de position dominante relatifs à des droits de propriété intellectuelle.

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